IA, mode d’emploi
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Module 7 · Utiliser · 10 minutes

Apprendre avec l’IA sans s’affaiblir

L’effort n’est pas un défaut

Réponse à la question de départ : pas forcément. Comprendre une solution qu’on vous montre et savoir la retrouver seul sont deux choses différentes. La première donne un sentiment agréable de maîtrise ; seule la seconde prouve qu’on a appris. Les sciences de l’apprentissage le montrent depuis longtemps : ce qui fait retenir, c’est l’effort de chercher, de se tromper, de reformuler, de se tester.

Un assistant qui supprime cet effort rend la tâche plus facile, et l’apprentissage plus fragile.

Ce que disent deux études récentes

En 2025, une étude du MIT a suivi 54 adultes qui rédigeaient des textes, seuls, avec un moteur de recherche ou avec ChatGPT. Ceux qui utilisaient ChatGPT peinaient à citer correctement leur propre texte, se l’appropriaient le moins, et montraient l’activité cérébrale la moins connectée. Les auteurs parlent de dette cognitive. L’étude est petite et porte sur des adultes ; elle ne dit pas que l’IA rend bête, elle montre ce qu’on perd quand on lui confie le travail.

La même année, une étude publiée dans la revue PNAS a porté sur près de mille lycéens en mathématiques. Avec ChatGPT sans garde-fous, leurs résultats d’entraînement progressaient de 48 %, mais à l’examen sans IA, ils faisaient 17 % moins bien que les élèves sans outil. Avec un tuteur réglé pour donner des indices plutôt que des réponses, cet effet négatif disparaissait en grande partie.

Se servir de l’IA pour apprendre

Tout tient dans l’ordre des étapes. D’abord chercher seul, même mal. Ensuite demander à l’assistant de critiquer votre réponse, de pointer une erreur sans la corriger, de vous poser des questions, de vous proposer un exercice semblable. Enfin, refaire seul, sans l’outil.

Quelques demandes qui font travailler : « Pose-moi des questions sur ce chapitre, une à la fois. » « Voici ma réponse ; dis-moi où est l’erreur, sans me donner la solution. » « Donne-moi un exercice du même type, un peu plus difficile. » « Explique-moi cette notion, puis demande-moi de la reformuler avec mes mots. »

Ce module vaut aussi pour accompagner un enfant ou un adolescent : la question n’est pas d’interdire l’outil, mais de garder pour lui l’effort qui le fait progresser.

Essayez sur un vrai outil

Transformez l’assistant en interrogateur plutôt qu’en souffleur, sur un sujet que vous voulez vraiment apprendre.

Je veux apprendre [sujet]. Pose-moi une question à la fois, de la plus simple à la plus difficile. Attends ma réponse avant de continuer. Si je me trompe, ne me donne pas la solution tout de suite, donne-moi d’abord un indice. Après cinq questions, fais le point sur ce que je maîtrise et ce que je dois revoir.

Répondez vraiment, sans chercher ailleurs. Vous sentirez la différence avec une explication toute faite, l’effort est plus grand, et c’est justement ce qui fait apprendre.

N’y ajoutez aucune information personnelle. Si votre employeur ou votre établissement fournit un outil, utilisez celui-là.

Vérifiez votre compréhension

1Dans l’étude menée auprès de lycéens en mathématiques, qu’est-il arrivé à ceux qui utilisaient ChatGPT sans garde-fous ?
2Quelle façon d’utiliser un assistant favorise l’apprentissage ?
3Qu’appelle-t-on la dette cognitive ?

Pour aller plus loin