Arnaques et fausses informations
Le scénario de l’escroc
Réponse à la question de départ : vous raccrochez, et vous rappelez votre fils sur son numéro habituel. Le scénario du proche en détresse est une escroquerie ancienne, que l’IA rend bien plus convaincante : quelques secondes de sa voix, prises dans une vidéo publiée en ligne, suffisent à l’imiter. L’escroc compte sur l’émotion et l’urgence pour vous empêcher de réfléchir.
Ce que l’IA change
Les arnaques ne sont pas nouvelles ; l’IA les rend plus crédibles, plus nombreuses et moins chères. Les faux appels imitent la voix d’un proche ou d’un conseiller. Les fausses vidéos font recommander par une personnalité un placement miracle. Les messages d’hameçonnage, autrefois truffés de fautes, sont désormais impeccables. Les faux profils sur les sites de rencontre entretiennent des conversations entières, photos générées à l’appui.
Conséquence pratique : les indices de forme, fautes, voix bizarre, image floue, ne suffisent plus. Ce sont les indices de fond qui protègent.
Les réflexes qui protègent
Cinq réflexes suffisent dans la plupart des cas :
- face à une urgence, ralentir, car un vrai problème supporte un rappel de cinq minutes ;
- rappeler toujours soi-même, sur un numéro déjà connu, jamais sur celui qu’on vous donne ;
- convenir en famille d’un mot de passe connu de vous seuls, à demander en cas d’appel suspect ;
- ne jamais communiquer un code reçu par SMS ni ses identifiants bancaires, que votre banque ne vous demandera jamais ;
- se méfier de tout placement promis par une vidéo ou une publicité.
Si cela vous arrive
Agissez vite. Prévenez votre banque pour bloquer ou contester l’opération. Le service public 17Cyber vous oriente selon votre situation, et le site Cybermalveillance.gouv.fr détaille les démarches. Portez plainte auprès de la police ou de la gendarmerie. Pour signaler un contenu illicite en ligne, une vidéo truquée par exemple, la plateforme Pharos est faite pour cela. Enfin, parlez-en : la honte profite aux escrocs.
Essayez sur un vrai outil
Entraînez votre œil sur un message d’hameçonnage, en demandant à un assistant de vous en montrer les ficelles.
Montre-moi un exemple fictif de faux message de livraison de colis qui cherche à voler des coordonnées bancaires. Puis liste les indices qui doivent alerter, et explique pourquoi l’absence de fautes d’orthographe n’est plus un signe de fiabilité.
Gardez en tête les indices qui ne dépendent pas de la qualité du texte, l’urgence, le lien, la demande de paiement ou de code. Ce sont eux qui restent valables face aux messages rédigés par IA.
N’y ajoutez aucune information personnelle. Si votre employeur ou votre établissement fournit un outil, utilisez celui-là.