Les enfants et l’IA
Les compagnons virtuels
Réponse à la question de départ : pas de panique, mais de l’attention. Les applications de compagnons virtuels sont conçues pour plaire : toujours disponibles, toujours d’accord, attentionnées. Pour un enfant ou un adolescent, cette relation sans friction peut devenir envahissante, prendre la place de relations réelles, et, sur des sujets graves comme la tristesse ou le mal-être, produire de mauvais conseils. Rappelez-vous qu’un assistant est réglé pour aller dans le sens de celui qui lui parle.
Le bon point de départ est la curiosité : demandez à votre enfant ce qu’il y trouve, ce qu’il y raconte, ce qu’il en pense. Les signes qui doivent alerter sont l’isolement, le secret, le sommeil qui se dégrade, ou un enfant qui dit que « l’IA est la seule à le comprendre ».
Les devoirs
Un assistant peut faire un devoir à la place d’un élève en quelques secondes, et l’empêcher ainsi d’apprendre. Il peut aussi expliquer, interroger, corriger, et aider à progresser. Tout dépend de l’usage. La règle à transmettre est celle du module « Apprendre avec l’IA » : chercher d’abord seul, puis se servir de l’outil pour comprendre ou s’entraîner, jamais pour rendre un travail qu’on n’a pas fait. Les enseignants fixent souvent leurs propres règles : renseignez-vous.
Âges, données et règles
La plupart des services d’IA fixent un âge minimal dans leurs conditions d’utilisation, souvent 13 ans, et demandent l’accord des parents pour les mineurs. En France, un mineur ne peut consentir seul au traitement de ses données par ces services qu’à partir de 15 ans ; la CNIL recommande de rechercher l’accord d’un parent en dessous. Ces règles sont peu contrôlées : le dialogue reste votre meilleur outil. Le site Je protège mon enfant aide à paramétrer les appareils.
Construisez quelques règles ensemble : où et quand on utilise ces outils, ce qu’on ne leur confie jamais, nom, adresse, photos, et ce qu’on fait si quelque chose met mal à l’aise, en parler à un adulte.
Les images truquées
Des applications fabriquent de fausses images dénudées à partir d’une simple photo ; elles servent au harcèlement, y compris entre élèves. Le règlement européen prévoit d’interdire ces applications à partir de décembre 2026. Si cela arrive, conservez les preuves sans les diffuser, et appelez le 3018, le numéro national contre le cyberharcèlement, gratuit et anonyme, qui peut obtenir le retrait rapide des contenus. Une plainte peut aussi être déposée.
Essayez sur un vrai outil
Préparez une conversation avec votre enfant en vous faisant aider, sans rien dire de lui.
Aide-moi à préparer une discussion bienveillante avec un enfant de [âge] ans sur son usage des assistants et des compagnons virtuels. Propose cinq questions ouvertes à lui poser, sans le juger, et trois règles simples à construire ensemble.
Adaptez les questions à votre enfant, que vous connaissez. L’objectif est d’ouvrir le dialogue, pas de mener un interrogatoire. Vous pouvez aussi essayer un assistant avec lui, pour en parler sur pièces.
N’y ajoutez aucune information personnelle. Si votre employeur ou votre établissement fournit un outil, utilisez celui-là.